Justice — Lubumbashi : Eliezer Ntambwe menace de sceller Ruashi Mining

Justice — Lubumbashi : Eliezer Ntambwe menace de sceller Ruashi Mining

Catégorie : Justice

À Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, le ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, a annoncé des mesures fermes à l’encontre de l’entreprise minière Ruashi Mining, accusée d’exploiter illégalement un terrain destiné aux anciens combattants. Cette décision, annoncée à l’issue d’une mission d’inspection effectuée le mercredi 18 février 2026 dans la commune de Ruashi, vise à protéger les droits fonciers des ayants droit et à faire respecter la légalité dans les activités minières.

Rendons à ceux qui ont servi sous le drapeau ce qui leur appartient. C’est aussi une question de sécurité pour tous !

Contexte de la situation

La tension est montée d’un cran lors de cette visite officielle sur un site stratégique situé dans la commune minière de Ruashi, en périphérie de Lubumbashi. Selon le ministre, l’entreprise Ruashi Mining exploiterait du cobalt et du cuivre sur une concession réservée aux anciens combattants sans base légale suffisamment établie.

Eliezer Ntambwe dénonce notamment :

  • l’absence d’indemnisation claire des ayants droit ;
  • le non-respect des procédures d’acquisition foncière ;
  • et d’éventuelles négociations menées sans consultation complète des héritiers concernés.

« Il s’agit d’un terrain des anciens combattants. L’entreprise doit réunir toutes les conditions d’acquisition pour éviter tout contentieux », a insisté le membre du Gouvernement.

Tout en privilégiant une solution amiable, le ministre a accordé un ultimatum d’une semaine à l’entreprise pour produire un rapport détaillé comprenant les documents d’acquisition du terrain ainsi que les preuves d’indemnisation versées.

Faute de réponse satisfaisante, l’État pourrait procéder au scellement des installations et à la suspension des activités sur le site.

Les enjeux de l’exploitation minière

Le secteur minier demeure l’un des piliers économiques majeurs de la République démocratique du Congo, particulièrement dans la province du Haut-Katanga riche en cobalt et en cuivre stratégiques pour l’industrie mondiale des batteries électriques.

Cependant, les conflits fonciers et les contestations liées à l’acquisition des concessions restent fréquents.

Dans ce dossier, la question dépasse le simple cadre économique. Le ministre a livré un plaidoyer appuyé en faveur des anciens combattants, qu’il considère comme des oubliés de la République malgré leur contribution à la défense du pays.

« Rendons à ceux qui ont servi sous le drapeau ce qui leur appartient. C’est aussi une question de sécurité pour tous », a-t-il déclaré.

Selon lui, la gestion des terres attribuées aux anciens militaires doit respecter des règles strictes afin d’éviter les injustices sociales et les tensions communautaires.

Réactions et perspectives

L’ultimatum adressé à Ruashi Mining pourrait avoir des répercussions importantes sur les pratiques minières dans la région de Lubumbashi, où les enjeux économiques et fonciers sont particulièrement sensibles.

Si aucune solution amiable n’est trouvée dans le délai imparti, le Gouvernement pourrait engager des mesures coercitives visant à faire respecter les droits des anciens combattants.

Cette affaire relance également le débat sur la transparence dans l’attribution des concessions minières et sur la protection des catégories sociales vulnérables, notamment les anciens militaires souvent confrontés à des difficultés d’accès à leurs droits.

Elle pourrait enfin inciter les opérateurs miniers à renforcer leurs procédures juridiques et sociales afin d’éviter des sanctions similaires.

À retenir

  • Le ministre délégué aux Anciens combattants Eliezer Ntambwe a inspecté le 18 février 2026 un site minier à Ruashi, à Lubumbashi.
  • Ruashi Mining est accusée d’exploiter du cobalt et du cuivre sur un terrain réservé aux anciens combattants sans base légale claire.
  • L’entreprise dispose d’un ultimatum d’une semaine pour présenter les preuves d’acquisition et d’indemnisation.
  • L’État menace de sceller les installations en cas de non-conformité.
  • L’affaire relance le débat sur la gestion foncière et les droits des anciens combattants dans les zones minières du Haut-Katanga.

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